L’image contient peut-être : texte qui dit ’8 MARS 2020 Journée de lutte pour les droits des femmes ! Les femmes représentent 52% de population, un salaire inférieur de 26% celui des hommes tout en environ 20h tâches ménagères par semaine Leurs pensions inférieures 40 celles des hommes... Sans oublier que plus d'une centaine d'entre elles meurent chaque année sous coups de leurs REBAPTISONS PLACE DES DROITS DE 'HOMME Dimanche mars 11h00 Puis continuons la journée par un repas partagé (auberge Espagnole) place de la Bienfaisance Aurillac- à partir de 12h00 PARCE-QUE NOUS LE VALONS BIEN’

Le féminisme est un terme large qui comprend l’ensemble de mouvements ou d’idées aspirant à l’égalité entre les hommes et les femmes. Les combats menés pour les droits des femmes et leur libération remontent loin dans l’histoire. Mais les premières revendications de masse concernant le droit au travail ou à l’éducation prennent forme au XVIIIe siècle. Le chemin de leur réalisation sera extrêmement long. Même après la vague féministe des années 1960, des inégalités entre les hommes et les femmes restent importantes.

Femmes de la commune de Paris de 1871

« Des femmes partout. Grand signe. Quand les Femmes s’en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elle arrache le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c’est que le soleil se lèvera sur une ville en révolte… » – Jules Vallès.

Les femmes durant la Commune de Paris (1871)
La barricade de la place Blanche tenue par des femmes, mai 1871

La Commune de Paris de 1871, marque l’arrivée massive des femmes sur l’arène politique et dans l’engagement révolutionnaire. Elles vont s’investir par milliers durant les 72 jours qu’elle va durer et y jouer un rôle fondamental. La plupart viennent de la classe ouvrière et plus souvent du secteur couture-broderie. D’autres sont des intellectuelles, acquises aux idées féministes et socialistes révolutionnaires, qui ont rompues avec leur milieu bourgeois, se déclassant pour être libres. Elles travaillent pendant la journée et suivent des cours le soir.
Elles sont pratiquement les initiatrices de la Commune. Au matin du 18 mars, ce sont elles qui paralysent les troupes en encombrant les rues, en se mêlant aux soldats et en les appelant à fraterniser avec le peuple. Un rapport militaire relate :
– « Les femmes et les enfants sont venus et se sont mêlés aux troupes.  Nous avons été rudement trompés en permettant à ces gens de s’approcher de nos soldats, car ils se mélangèrent à eux, les femmes et les enfants leur scandaient ‘Vous ne tirerez pas sur le peuple’.»
Les femmes n’auront de cesse de se dévouer pour la Commune, alors qu’aucune ne rentrera dans les sphères de son pouvoir. Elles vont s’organiser au sein de Comités de quartiers, créer des ateliers autogérés, intervenir en club et insuffler un courant féministe. Elles auront un comportement héroïque sur les barricades et en paieront un lourd tribut durant la semaine sanglante. Beaucoup de survivantes seront déportées.
On les appelait les pétroleuses, en raison de leur participation, quelque peu exagérée par les journaux et tenants du pouvoir de l’époque, aux grands incendies de la fin de la Commune. Le terme a, surtout semble-t’il, servi aux versaillais pour justifier leur violente répression.
Quoiqu’il en soit, le rôle exemplaire joué par les femmes durant la Commune, peut être vu comme une référence historique sur lesquels les mouvements feministes qui suivent vont  pouvoir s’appuyer

la place des femmes dans la Révolution de 1789

Militantes et engagées, connues ou non, des femmes de toutes les classes sociales participèrent à la Révolution à leur manière. Des femmes de milieux aisés, de l’aristocratie, de la noblesse et de la bourgeoisie se regroupent en comités et en clubs, elles organisent des réunions publiques et privées, écrivent des cahiers de doléancecommentent les journaux et les lois. Et appellent aussi les hommes à agir. Elles sont si actives qu’on appelle leurs salons « la République des lettres ». Des ouvrières, domestiques, paysannes, couturières… manifestent dans la rue, s’installent aux tribunes, veulent plus d’instruction, exercer et protéger certains métiers.
La création d’une nouvelle société pouvait leur permettre d’avoir une plus grande liberté. Mais il n’en fut rien. Le statut de la femme changea peu entre l’Ancien Régime et la République. Cette injustice ne fut réparée qu’à partir de la quatrième République.

1. L’action des femmes dans la Révolution
Le 14 juillet 1789, le peuple a pour la première fois agi sur le cours politique de la Révolution, en la sauvant, provisoirement du moins. Mais Paris est affamé. Dans ce contexte de disette, la rumeur d’une orgie organisée par les Gardes du corps du roi dans la salle de l’Opéra du château de Versailles, le 1er octobre, a mis le comble à l’exaspération de la rue : la cocarde tricolore y a été insultée.
La colère jette le Peuple affamé, le 5 octobre, sur la route de Versailles pour aller y trouver le roi, lui crier sa détresse et demander réparation de l’outrage qui lui a été fait. Nouveauté qui distingue cette grande journée de celle du 14 juillet : le mouvement est donné par les femmes. Un peloton de militantes est sorti des Halles en battant la générale ; il a recruté en chemin ménagères et bourgeoises, parfois sous la menace. C’est en définitive une colonne de six à sept mille femmes, accompagnées d’hommes munis de piques et de bâtons, qui se rend à Versailles. Arrivées en fin d’après midi elles pénètrent dans l’Assemblée nationale, se mêlent aux députés et présentent une pétition demandant du pain.
En investissant l’Assemblée nationale, les Femmes de Versailles y introduisent la confusion : elles prennent place sur les bancs aux côtés des députés, qu’elles interpellent, et s’approprient la tribune pour demander le pain et le grain
En définitive, l’élan donné par les femmes de Paris a marqué une date dans le cours improvisé de la Révolution : le 6 octobre elles ont ramené aux tuileries à Paris « le boulanger, la boulangère et le petit mitron ». Versailles est déserté
Cette action exclusivement féminine montre que les femmes n’étaient pas totalement mises à l’écart de la Révolution française.

La marche des femmes sur Versailles, 1789

En fait, de nombreuses femmes participèrent activement à la vie politique. Elles pouvaient très bien accomplir des actions collectives comme pour la marche des femmes sur Versailles. Elles créèrent par exemple une Société des Citoyennes républicaines de Paris qui leur servait à s’informer sur la Constitution et les lois de la République.
Elles pouvaient aussi agir individuellement comme Madame Roland qui tenait un salon fréquenté par les révolutionnaires, et plus particulièrement par les girondins, et qui joua un rôle politique important avant d’être jugée et condamnée par un tribunal révolutionnaire. Lucile Desmoulins, femme de Camille, âgée de 20 ans, exprima sa colère dans son petit cahier rouge, après la fuite de Varennes. Elle s’en prit, entre autres, violemment à Marie-Antoinette. Les femmes pouvaient également agir contre les idées de la Révolution. Ainsi, Charlotte Corday, une royaliste, assassinat Marat (député révolutionnaire) le 13 juillet 1793, en un geste symbolique.

2. L’échec politique des droits de la femme
La participation des femmes à la Révolution française devait logiquement entraîner la reconnaissance de leurs droits politiques et civiles. En 1791, Olympe de Gouges essaya de définir un nouveau statut de la femme dans la société en écrivant un projet de Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne à l’image de la Déclaration des droits de l’homme et du Citoyen. Mais cette déclaration ne fut pas acceptée par les révolutionnaires et le projet fut oublié. De plus, la femme n’avait pas le droit de vote et ne pouvait donc pas directement participer à la vie politique. Enfin, le Code civil institué par Napoléon Bonaparte en 1804 ne reconnaissait aucun droit aux femmes.

Militantes et engagées, connues ou non, des femmes de toutes les classes sociales participent à la Révolution à leur manière. Des femmes de milieux aisés, de l’aristocratie, de la noblesse et de la bourgeoisie se regroupent en comités et en clubs, elles organisent des réunions publiques et privées, écrivent des cahiers de doléancecommentent les journaux et les lois. Et appellent aussi les hommes à agir. Elles sont si actives qu’on appelle leurs salons « la République des lettres ». Des ouvrières, domestiques, paysannes, couturières… manifestent dans la rue, s’installent aux tribunes, veulent plus d’instruction, exercer et protéger certains métiers.

Les femmes dans la résistance française

« Dans la Résistance, les femmes sont aussi héroïques que les hommes, mais leur sort est pire encore que celui des hommes« 

Les femmes sont les grandes oubliées de la lutte contre l’occupant nazi. Seulement six d’entre elles comptent parmi les 1038  Compagnons de la Libération, titre accordé à à ceux qui avaient permis la libération de la France, dont quatre à titre posthume. Et elles représentent à peine 10% des médaillés de la Résistance. 
Un manque de reconnaissance injustifié au regard de leur réelle implication. Cacher, héberger, nourrir, approvisionner : telles étaient les missions que la majorité d’entre elles exerceraient dans la clandestinité. Au sein des réseaux, elle assuraient les travaux de secrétariat, étaient agents de liaison ou officiaient dans les services sociaux. Elles se faisaient aussi trublions dans les manifestations publiques. D’autres avaient rejoint les unités de la France Libre, comme médecins, infirmières, aviatrices, combattantes. Et aux côtés des hommes, elles résistent de multiples manières. Elles dirigent des réseaux, hébergent des clandestins, préparent des engins explosifs, organisent des évasions ou encore collectent, transmettent des informations et des faux papiers.
Leur engagement a été peu valorisé à la Libération, ce que traduisent les chiffres : on ne compte que 6 femmes parmi  les 1059 Compagnons de la Libération ; de même, seulement 10% des Médaillés de la Résistance sont des femmes. . 1800 femmes s’engagent dans les Forces françaises libres, action qui verra naître le corps des volontaires françaises, la première unité féminine de l’armée française, institué par le général de Gaulle en 1940.

Entraînement de volontaires féminines de la France libre en 1941

Mais l’année 1975 marque une tournant : dans la foulée de la vague féministe, un colloque organisé par l’Union des femmes françaises leur est consacré, premier du genre à mettre en avant leur rôle important dans la Résistance.
Les publications et les travaux universitaires sur le sujet vont peu à peu se multiplier.
Décrypter les spécificités de la Résistance féminine revient à remettre en cause un schéma convenu de « La Résistance», de ses rouages, ce qui peut expliquer la frilosité des historiens à s’être penchés plus tôt sur ce volet « opaque », mais pourtant authentique, de l’histoire de la Résistance.
Les résistantes ont pu contribuer de leur côté à cette désaffection, en martelant une image « attendue » de la féminité, teintée de modestie et de discrétion.
L’histoire de cette période ne saurait pourtant s’écrire sans elles, héroïques au même titre que leurs homologues masculins.

Un engagement de tous les instants pour défendre la France, alors que le droit de vote ne leur a pas encore été accordé… Il faudra attendre le 21 avril 1944 pour qu’il leur soit octroyé presque par effraction.

1944 : les Françaises obtenaient le droit de vote

Le 21 avril 1944, les femmes françaises accèdent au droit de vote. Elles ne pourront cependant l’exercer pleinement qu’à partir du 29 avril 1945, date des élections municipales, premier scrutin d’après-guerre.
Il y a seulement 70 ans, en vertu de l’ordonnance d’Alger du gouvernement provisoire du général de Gaulle, les femmes obtiennent le droit de voter et d’être élues. Dans les images d’archives en noir et blanc, la voix est nasillarde et le commentateur des actualités filmées présente fièrement la « bonne religieuse » et une « gentille maman » glissant leur bulletin dans l’urne.
Leur toute nouvelle carte électorale en poche, les Françaises votent pour la première fois le 29 avril 1945 lors du premier tour des élections municipales, premier scrutin depuis la Libération. Ce 29 avril, les Françaises se sont déplacées en masse. On enregistre dans plusieurs villes de France des taux de participation féminine identiques à ceux des hommes.
Dès cette première consultation, plusieurs femmes sont élues. Beaucoup sont issues de la Résistance ainsi que du Parti communiste. Odette Roux, 28 ans, est élue maire des Sables-d’Olonne en Vendée, dans l’ouest de la France.
Ce droit, conquis de haute lutte par les Françaises, arrive des décennies après les Américaines (1919), les Britanniques (1928) ou encore les Turques (1930).

Le combat n’est clairement pas terminé.

En France :
93 000 femmes déclarent chaque année avoir été victime de viol ou d’une tentative de viol
250 000 femmes sont chaque année victimes de violences physiques ou sexuelles au sein de leur couple
1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint. Depuis le 1er janvier 2019, ce sont 101 femmes qui ont péri ainsi (chiffres au 03/09/2019).

Manifestation contre les violences faites aux femmes place de l'Opéra à Paris, le 23 novembre 2019.
Manifestation contre les violences faites aux femmes place de l’Opéra à Paris, le 23 novembre 2019

Entre femmes et hommes, les inégalités sont toujours d’actualité partout dans le monde.  A commencer par des rémunérations plus basses pour les femmes que pour  les hommes à fonction, ancienneté et compétences égales : 23 % d’écart en moyenne à l’échelle internationale – et 23,7 % pour la France.

 Les femmes moins bien payées et plus souvent en temps partiel subi

Des inégalités de salaire persistantes avec les hommes
Tous temps de travail confondus, les femmes touchent au total un salaire 25,7 % moins élevé que celui des hommes ou, dit autrement, les hommes gagnent 34,6 % de plus que les femmes [1], selon les données 2012 du ministère du Travail. Pour des temps complets, les femmes touchent 16,3 % de moins. A poste et expérience équivalents, les femmes touchent 12,8 % de moins.
Plus on s’élève dans la hiérarchie des salaires, plus les écarts sont grands. En équivalent temps plein, les femmes cadres touchent en moyenne 26,3 % de moins que les hommes cadres. A l’inverse, l’écart le plus faible se trouve parmi les employés (9,3 %), une catégorie majoritairement féminisée.
Les écarts de salaires ont nettement baissé depuis les années 1950. Mais depuis les années 1990, le rattrapage s’est ralenti, en partie parce que les femmes demeurent à l’écart des postes à responsabilités les mieux rémunérés, et qu’elles sont plus souvent employées dans des secteurs où les salaires sont bas tels que les services, le commerce ou l’aide à la personne par exemple.
Le temps partiel subi est essentiellement féminin
Les femmes demeurent largement défavorisées sur le marché du travail. Elles occupent plus souvent des emplois de mauvaise qualité à temps partiel, souvent subi, avec de moindres responsabilités. En 2015, 1,2 million de femmes salariées sont en situation de temps partiel subi, contre 471 800 hommes.

 Les femmes plus pauvres que les hommes

En 2014, 8,4 % des femmes étaient en situation de pauvreté contre 7,7 % des hommes (au seuil à 50 % du revenu médian). Cette précarité est plus grande après 75 ans où près de deux fois plus de femmes que d’hommes sont pauvres. Cette situation s’explique par le fait que les femmes vivent plus longtemps et qu’elles ont moins souvent occupé une activité professionnelle rémunérée. Elles perçoivent des pensions en moyenne très inférieures à celles des hommes.
Les jeunes femmes de moins de 30 ans sont aussi plus nombreuses que les hommes à connaître la précarité. Il s’agit notamment de mères célibataires avec de faibles revenus qui perçoivent une allocation de parent isolé ou un maigre salaire à temps partiel.

 L’inégal partage du travail domestique

Que les femmes aient ou non un emploi, elles sont toujours les « championnes » du travail domestique, comparé aux hommes. Avec l’arrivée d’un enfant, ce partage inégal perdure, voire se creuse. En moyenne, les femmes consacrent 3 h 26 par jour aux tâches domestiques, en 2010 (dernière donnée disponible), contre 2 h pour les hommes.

Davantage de femmes dans la sphère politique mais on est encore très loin de l’égalité

La loi de juin 2000 sur la parité a contribué à une meilleure représentation féminine dans les exécutifs nationaux et locaux. Mais seulement 26,9 % de femmes siègent à l’Assemblée nationale. Au rythme actuel de progression en nombre de sièges obtenus par les femmes, la parité devrait être atteinte… dans 25 ans. Au niveau local, seules trois femmes sont à la tête d’une des treize régions, alors qu’elles représentent près de la moitié des conseillers de ces instances. 16 % des maires sont des femmes alors que 40,3 % des conseillers municipaux le sont.

Manifestation féministe Place de la République à Paris le 7 mars 2020

Publiée par Lelly Gijabet LIVE sur Samedi 7 mars 2020

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