Que masque cette gestion du covid-19 ?

Masque, ou pas masque ? That is the question

A défaut d’être compréhensibles sur la question des masques (entre autre), nous avons eu de bons moments de poilade en observant nos dirigeants dire un jour le contraire de ce qu’ils disaient la veille, le tout bien sûr avec des certitudes qui laissaient pantois. J’ai même eu peur par moment d’avoir la maladie d’Alzeimer ! Parfois on pouvait se demander si nous étions dans le jour d’avant, ou dans le jour d’après…

Mais non ! Nous étions en train de vivre un moment historique. Historique de par la gravité, l’ampleur, l’amateurisme de ces têtes pensantes, mais pensant à quoi ? Que masquait ce cafouillage ? La santé publique, le profit, l’économie, l’amateurisme ?

Hélas, la poilade ne durait pas! Nous retombions rapidement dans la gravité dès que nous apprenions le nombre de cas et de décès égrainés chaque soir et qui repassaient en permanence sur les bandeaux des chaînes d’infos. Combien étions-nous entre colère et désespérés en pensant à eux, en voyant les soignants habillés avec des sacs poubelle, courant après le moindre matériel ? Combien d’entre nous ont eu les larmes aux yeux devant les images de ces anciens désespérément assis sur leur fauteuil, sans visite de leur famille, mais heureusement bien pris en charge par les soignants.

Et pendant ce temps, le défilé de “sachants” se poursuivait…

4 février : « Il faut le dire et insister, ça ne sert à rien ! Le masque sert quand vous êtes atteint d’une infection pour éviter que vos postillons aillent impacter la personne en face de vous et donc transmettre la maladie. Mais il ne sert pas à se protéger de la maladie si vous êtes un sujet sain, car il n’a pas un filtre suffisant pour empêcher les virus de passer » dixit le docteur Jérôme Marty sur BFM/RMC

5 février : l’Express sort un papier intitulé: « Coronavirus : porter un masque chirurgical pour se protéger ne sert à rien » reprenant ainsi les dires du Dr Marty

18 février : « la France est prête », assure, sur France Inter, Olivier Véran, qui vient de succéder à Agnès Buzyn au ministère de la Santé.

26 février : Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, se veut, lui aussi, rassurant lors d’une audition au Sénat : « Santé publique France détient des stocks stratégiques importants de masques chirurgicaux. Nous n’avons pas d’inquiétude sur ce plan. Il n’y a donc pas de pénurie à redouter ».

4 mars :« Les masques n’ont aucun intérêt pour le grand public », déclare Jérôme Salomon sur le plateau de BFM TV. « Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’organisation mondiale de la santé, ce sont les autorités américaines, ce sont les articles publiés récemment et c’est surtout la société française d’hygiène hospitalière qui le confirme »
Même jour : L’État décrète la réquisition des stocks de masques. Les stocks de masques de protection contre la diffusion du coronavirus sont réquisitionnés jusqu’au 31 mai pour en assurer l’accès prioritaire aux professionnels de santé et aux patients atteints par la maladie.

13 mars :le Premier ministre Édouard Philippe lui emboîte le pas. « Le port du masque, en population dans la rue, ça ne sert à rien. Et ça a même un inconvénient : ça prive parfois de masques ceux qui en ont véritablement besoin », dit-il dans le 13 h de TF1.

17 mars :« Nous avons assez de masques aujourd’hui pour permettre aux soignants d’être armés face à la maladie et soigner les malades. Mais en fonction de la durée de l’épidémie, nous ne savons pas si nous en aurons suffisamment à terme », déclare Olivier Véran, surFrance Inter. « Nous en achetons partout, nous en fabriquons partout. Nous orientons nos productions papier, textile, vers la production de masques »

18 mars :La gestion des masques est « en tension », indique, le lendemain, Jérôme Salomon.

19 mars :au Sénat, le ministre de la Santé reconnaît un manque d’anticipation : « Nous étions un pays, hélas, qui n’était pas préparé du point de vue des masques et des équipements de protection à une crise sanitaire »
Même jour : une lettre ouverte « Il faut généraliser le port des masques » adressée à Olivier Véran signée par Claude Got, professeur de médecine, Catherine Hill, épidémiologiste, Michel Parigot, chercheur en mathématiques au CNRS, président du Comité anti-amiante Jussieu, Chantal Perrichon, présidente de la Ligue contre la violence routière, appellent le gouvernement à « organiser la production de masques ». Et appellent à « tester et isoler les personnes contaminées » par le coronavirus. Relayée par Le Parisien en date du 20 mars

21 mars :il se fait plus précis en dressant l’état des lieux des réserves de masques du pays lors d’un point presse : « Nous disposons à ce jour d’un stock d’État de 86 millions de masques. Cinq millions de masques aux normes FFP2 [plus protecteurs car filtrants, N.D.LR.], 81 millions de masques chirurgicaux ».
« À titre de comparaison, nous prévoyons une consommation de 24 millions de masques par semaine dans notre pays » rien que pour équiper les soignants, expose d’ailleurs ce jour-là Olivier Véran.

28 mars :lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre Édouard Philippe, il a (le Ministre de la santé) annoncé une commande d’un milliard de masques à la Chine ainsi que la mise en place d’un pont aérien pour faciliter l’acheminement

31 mars :Le Conseil d’Etat est saisi par 4 associations (les collectifs Inter-Urgences et Inter-Hôpitaux, la Coordination nationale infirmière (CNI), Act-Up Paris et l’Association de défense des libertés constitutionnelles (Adelico) ) pour réquisitionner des usines en mesure de fabriquer des masques – publié dans 20 minutes

1er avril :Un besoin réévalué à « 40 millions de masques hebdomadaires », dira le ministre le 1er avril face à l’Assemblée nationale.

Début avril : Marina Carrère d’Encausse, médecin et présentatrice du Magazine de la Santé sur France 5, estimait même, début avril, que le gouvernement avait sciemment menti sur l’utilité du masque en début d’épidémie pour que « la population ne se rue pas dans les pharmacies » en acheter et ainsi préserver les stocks pour le personnel soignant. Un mensonge « pour la bonne cause », selon elle…

3 avril : l’Académie de médecine contredit soudainement le gouvernement en publiant des recommandations sur le port généralisé du masque, qui « constituerait une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur ». Consciente de la pénurie et de « la priorité d’attribution des masques chirurgicaux ou FFP2 […] aux professionnels et structures de santé », elle préconise le port obligatoire « d’un masque grand public aussi dit alternatif » pour les sorties, en renvoyant vers des tutoriels en ligne.
Le soir même : « Nous encourageons le grand public, s’il le souhaite, à porter […] ces masques alternatifs qui sont en cours de production », déclare alors le soir même Jérôme Salomon dans son point quotidien.

7 avril : Le port du masque sera « peut-être » obligatoire en France, indique Olivier Véran, sur RMC/BFMTV.

11 avril :dans son point quotidien, Jérôme Salomon indique que seulement 35 millions de masques chinois ont été réceptionnés.

13 avril :dans son allocution, Emmanuel Macron reconnaît à son tour que la France n’était « à l’évidence, pas assez préparée ». « Le moment, soyons honnêtes, a révélé des failles, des insuffisances […] Nous n’avons pas pu distribuer autant de masques que nous l’aurions voulu pour nos soignants, pour les personnels s’occupant de nos aînés, pour les infirmières et les aides à domicile », concède le Président. « Il est difficile d’entendre qu’une pénurie mondiale empêche les livraisons. Les commandes sont désormais passées »
Toujours dans son allocution, le Président indique que « l’État devra permettre à chaque Français de se procurer un masque grand public » mais après le déconfinement, à partir du 11 mai. « Pour les professions les plus exposées et pour certaines situations comme dans les transports en commun, son usage pourrait devenir systématique »

19 avril : Édouard Philippe annonce que « pour la première fois », la France a réussi à « importer plus de masques que ce qu’elle consomme actuellement ».

22 avril :alors que l’État a réquisitionné les masques acquis par les pharmacies, quatre professionnels de santé (urgentiste, médecin de SOS, généraliste et pharmacien) ont décidé de saisir le Conseil d’État. La procédure entend montrer le caractère illégal du décret du 23 mars 2020.

28 avril :lors de la présentation à l’Assemblée nationale du plan de déconfinement du gouvernement, Édouard Philippe précise : le port du masque sera obligatoire dans les transports publics.
Même jour au sénat : « Réserver les masques aux soignants, c’était, mécaniquement, refuser de les distribuer à d’autres : c’est un choix difficile, c’est un choix contesté, c’est un choix que j’ai estimé nécessaire », a défendu, le Premier ministre Édouard Philippe au Sénat.

4 mai :plusieurs grandes enseignes commencent, en parallèle, à vendre des masques chirurgicaux. Le gouvernement précise qu’ils seront écoulés à 95 centimes d’euro l’unité maximum

Entre temps, les citoyennes ont sorti leur machine à coudre et se sont mises à fabriquer elles-mêmes des masques afin de protéger leur famille ou amis, aidées en cela par des couturières plus aguerries qui leur proposaient des tutos.

Heureusement que vous étiez là vous, les personnels soignants qui vous battiez il y a peu encore pour obtenir des moyens. J’espère que ceux qui vous ont applaudis sur leur balcon chaque soir à 20h00, seront à vos côtés pour vous soutenir lors de vos prochaines manifestations.

A vous, infirmières, aides-soignantes, ASH, médecins urgentistes, pompiers etc…

Mais aussi à vous travailleurs de l’ombre, livreurs, employés de ménage, caissières, éboueurs, transporteurs, chauffeurs de transports en commun, conducteurs de métro, couturières etc…

La France vacillait, vous l’avez portée à bout de bras. On ne vous dira jamais assez merci

VMH

Sources Ouest France BFM L’Express Le Parisien 20 Minutes Le quotidien du médecin Le quotidien du pharmacien Assemblée Nationale

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