Lorsque nous nous sommes mis en mouvement le 17 novembre 2018, c’est le prix de l’essence qui a cristallisé notre colère. Un symbôle pour dénoncer le pouvoir d’achat qui ne cesse de diminuer. Nous battions le pavé depuis bien plus d’un an, lorsque quelques syndicats se sont réveillés et sont entrés en grève contre une nouvelle réforme. Nous avons vu, les uns et les autres, une opportunité de convergence afin d’unir nos forces pour arriver à faire plier ce gouvernement contre une réforme des retraites qui ne fera que nous appauvrir après une vie de labeur. N’oublions pas que rien ne nous est offert ; nos anciens se sont battus pour avoir ce que nous avons aujourd’hui et qui rétrécit de jour en jour comme peau de chagrin.
Les gilets jaunes du Cantal se mobilisent manifestation après manifestation, action après action, tractage après tractage par tous les temps, contre cette réforme des retraites. Un coin de convivialité est installé lors des manifestations avec possibilité de boire une boisson chaude, grignoter une gourmandise, signer pour le référendum ADP, échanger et mieux se connaître.
Suite aux réflexions de plusieurs manifestants faisant remarquer que cette initiative était une bonne idée et que les syndicats auraient pu y penser, le 16 janvier, la CGT 15 décidait d’installer une buvette devant la gare d’Aurillac, lieu de rassemblement avant le départ de la manifestation.

« Pour la 3ème fois, des Gilets Jaunes d’Aurillac avaient installé un point info avec vin chaud, café, gâteaux, tracts en soutien aux cheminots grévistes depuis 40 jours. Une fois sur place, nous commençons donc à installer le matériel, des cheminots CGT arrivent en furie car ils avaient eux aussi décidé d’installer une buvette solidaire en soutien pour les cheminots grévistes. De là commencent de la part d’une poignée de cheminots présents, des insultes, des menaces, des agressions. Les GJ ne répondent pas et continuent la préparation, 3 cheminots virulents reviennent à la charge, les insultes et le manque de respect pleuvent en nous disant que les GJ leur causent du tord, jusqu’à ce qu’ils sortent les enceintes à 1 mètre de nous avec la musique à fond croyant nous embêter. 2 cheminots viennent à notre rencontre pour parlementer et s’expliquer. Nous leur expliquons que nous sommes dans le même bateau et que ce n’est pas pour leur causer du tort mais pour rassembler pour un moment convivial, d’échange et de rencontres, qu’il est prévu que la cagnotte soit donnée aux cheminots grévistes car c’est eux qui tiennent la grève depuis le début. Ils comprennent et repartent. Les cheminots décident de déplacer leur buvette et mettent leur fourgon entre nous pour séparer. Une fois la manifestation terminée, nous nous mettons d’accord avec Eric Debuire de la CGT pour que rapidement nous fassions passé la cagnotte aux cheminots pour apaiser toute cette foire qu’il y a eu à la gare le matin. Le lendemain matin, réunion intersyndicale, les 3 personnes agressives de la veille étaient présentes. Il nous a été présenté le tract de la prochaine manifestation, la CGT et FO avaient décidé que le gilet jaune n’était plus présent sur le tract suite à l’altercation de la veille à la gare. Un vote a été fait 2 voix pour, 2 voix contre. Puis 1 voix contre car les GJ ne sont pas un syndicat. De là s’engage une discussion stérile à ce sujet car tout le monde n’était pas d’accord avec ce choix qui allait faire du tort plutôt que de rassembler.
Je tenais à vous faire un compte rendu de cette réunion pour que vous sachiez tous pourquoi le gilet jaune n’est plus sur le tract de la prochaine manifestation. Nous ne lâcherons rien et serons présents vendredi »

Comme l’exprime ce témoignage, c’est ainsi que cela se passe à Aurillac. Le gilet jaune n’apparaît donc plus sur le tract édité par les syndicats, malgré le soutien du syndicat FSU, mais nous ferons fi de ce mépris. Nous retiendrons simplement la leçon, même si nous ne nous sommes jamais fait d’illusion… Il ne faut cependant pas faire une généralisation et nous tenons à préciser que cet incident est initialement le fait de quelques personnes. De nombreux syndiqués ne sont pas d’accord avec ces décisions, ni avec les actes et propos de cette poignée de rustres à l’égo surdimensionné.

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Et puis nous allons les occuper, car ils vont sacrément devoir gratter la banderole pour effacer le gilet jaune

Mais peu importe, nous appelons gilets jaunes, salariés du privé, du public, retraités, chômeurs, citoyens sans gilet à nous rejoindre le 24 janvier à la gare d’Aurillac à 14 heures et à manifester sous la bannière gilets jaunes, ou sans bannière, car nous sommes tous concernés.

On peut nous dire que nous ne sommes pas en lutte depuis aussi longtemps, que nous n’avons rien inventé, mais on n’a pas le droit de mettre en doute notre motivation et notre abnégation. Nous sommes mutilés, tabassés, réprimés, condamnés, méprisés, accusés de la cause de tous les maux, mais nous pouvons marcher la tête haute, car nous ne sommes pas à vendre. Nous ne plierons pas devant les uns ou les autres qui veulent nous façonner et nous faire rentrer dans des moules à leur sauce. Nous sommes le Peuple libre et le resterons fièrement !!!!! Nous, nous ne lâcherons rien !!!!!!!!

« Face au couple Macron-Berger, la base du mouvement se refuse à laisser la CFDT négocier le « poids des chaines » sur son propre dos. D’un côté, la défiance contre Macron et LREM s’aiguise. De l’autre, s’enchainent les actions de dénonciation de la politique de Laurent Berger. Une atmosphère « destituante » qui remet au gout du jour l’esprit Gilets jaunes, qui pourrait rentrer en jonction avec la remise au premier plan de la grève reconductible comme arme centrale pour construire le rapport de force. Le 24 janvier, journée de présentation de la loi en Conseil des ministres, le privé doit rentrer massivement en scène pour une journée de grève générale politique. Ou la meilleure réponse à donner à Macron-Berger ».

24 janvier : pour une journée de grève générale politique contre la loi Macron-Berger

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